Danse histoire des pointes

Publié le 31/12/2013 | par body&moves

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La petite histoire des pointes de danse

Le ballet classique, tel que nous le connaissons aujourd’hui, puise ses origines au 17ème siècle dans les danses de cour importées d’Italie. Louis XIV, excellent danseur et passionné par la danse, décide de fonder l’Académie Royale de danse. Au départ, les rôles, féminins et masculins, étaient principalement interprétés par des hommes, car les femmes étaient extrêmement limitées dans leurs mouvements par leurs hautes perruques, leurs lourdes robes et leurs corsets. Ce n’est qu’au 18ème siècle que les femmes ont commencé à prendre de l’importance dans les ballets. A cette époque, les chaussures qu’elles portaient pour danser avaient des talons, comme on peut le voir sur le portait d’une célèbre danseuse de l’Opéra de Paris, Marie-Anne de Camargo. Les danseurs n’avaient en effet pas de tenue dédiée au ballet et portaient des vêtements de cour.

Marie-Anne de Camargo

Elle fut ensuite la première, au milieu du 18ème siècle, à porter des chaussures sans talons, ce qui lui permettait de réaliser des sauts qui auraient été extrêmement difficiles avec les chaussures habituelles de l’époque.

Après la révolution française, les talons furent totalement retirés des chaussures de ballet. Ces chaussures plates, ancêtres des pointes de danse modernes, étaient attachées aux pieds par des rubans et comportaient des plis sous les orteils pour permettre aux danseurs de sauter, faire des pirouettes, et étendre complètement leurs pieds.

danseuse portéeLes premiers danseurs à monter sur les orteils le firent grâce à l’invention de Charles Didelot en 1795. Sa « machine volante » soulevait les danseurs grâce à des câbles, leur permettant de se dresser sur la pointe des orteils avant de quitter le sol. La légèreté et le côté aérien des performances séduit les audiences, et les chorégraphes commencèrent à chercher des moyens d’incorporer plus de moments sur pointes dans leurs ballets.

Au 19ème siècle, avec les progrès de la danse, la technique fut de plus en plus mise en avant, les danseuses raccourcirent leurs jupes pour libérer le mouvement et montrer leurs jambes, qui exécutaient des pas de plus en plus complexes. Elles désiraient danser sur pointes dans l’aide des câbles et continuaient donc à monter sur les orteils, ou sur demi-pointes. Les chorégraphies demandaient ce côté aérien associé aux ballets romantiques, monter sur pointes étaient donc l’étape suivante.

Marie Taglioni

On attribue généralement à la danseuse Marie Taglioni (à droite dans Flore et Zephyr) la première danse sur pointes, même si ce n’est pas une certitude et que des essais eurent lieu auparavant. Toujours est-il qu’elle marqua le monde du ballet en dansant en 1832 l’intégralité de La Sylphide sur pointes. Elle développa la technique et révolutionna le ballet. Sa grâce, sa légèreté et son style aérien lui valurent l’adoration des spectateurs et une carrière brillante.

Les premières pointes de danse portées alors n’avaient pas la structure et la solidité des pointes modernes, elles étaient en fait des chaussons de danse renforcés par des points de couture au niveau des orteils. Les danseuses devaient donc surtout se servir de leur propre force, et étaient incapables de rester sur pointes bien longtemps. L’alignement des danseuses était différent, elles étaient moins droites, leurs hanches relâchées vers l’arrière et la poitrine légèrement penchée en avant. Elles n’étaient pas au-dessus des pointes comme les danseuses actuelles car leurs chaussures ne le permettaient pas.

A la fin du 19ème siècle, des danseuses italiennes comme Pierina Legnani portaient des chaussures avec une plateforme large et solide, bien loin des premiers modèles au bout pointu. Cela leur permettait une meilleure stabilité. Leurs chaussures incluaient aussi une boîte, faite de couches de tissu, qui enveloppait les orteils, et une semelle plus rigide.

Anna PavlovaMais la création de la pointe de danse moderne est attribuée à la danseuse russe du début du 20ème siècle, Anna Pavlova (ci-contre dans Le Lac des Cygnes). Elle était alors la plus connue et la plus influente des danseuses de son époque. Elle avait un cou-de-pied particulièrement fort, ce qui la rendait plus vulnérable aux blessures lorsqu’elle montait sur pointes. Elle avait également un pied étroit avec les orteils échelonnés, ce qui accentuait la pression sur son gros orteil. Pour compenser, elle insérait des semelles en cuir renforcé dans ses pointes pour avoir un meilleur support, et aplatissait et durcissait la boîte autour des orteils.

La technique de danse sur pointes pratiquées aujourd’hui, qui consiste en des relevés, pirouettes, et sauts, ne fut possible qu’à l’arrivée des pointes modernes. Elles sont faites de plusieurs couches de toile, mises en forme et plongées dans la colle. C’est la colle, en séchant, qui donne leur rigidité aux pointes. La couche de tissu finale sur la chaussure est en satin. La pointe est alors renforcée par 3 semelles rigides, qu’on appelle cambrions. Celles du dessous et du dessus sont faites de cuir, et celle du milieu en carton. Elles sont collées et cousues ensemble, avec la toile et le satin, pour former la pointe.  Au total, il faut environ 11 étapes pour fabriquer une pointe de danse.




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